Sa Sainteté Benjamin Premier Abboud trouve la solution pour désengorger les Tribunaux Ecclésiastiques

Mes bien-aimés frères évêques de l’Église de l’Unité,

Le divorce dans un mariage sacramentel ne peut et ne doit, en aucune façon, être prononcé par un tribunal ecclésiastique de l’église de l’Unité.

Par contre, dans le cas où le couple Chrétien a rompu le mariage contractuel civil, s’est engagé dans un nouveau mariage contractuel de sorte que le retour à la précédente vie devenait impossible ; alors, dans le respect du canon 1700 du Code de Droit canonique, l’évêque peut délier le couple de l’ancien lien matrimonial et autoriser le couple à se remarier dans l’église.

En effet, l’évêque étant apôtres peut lier et délier le sacrement du mariage conformément aux instructions de Notre Seigneur en Mathieu 18 : 18 dont détail : « Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. »

L’arrêt ci-dessous de la Cour suprême de l’église de l’Unité va faire couler beaucoup d’encre :

1. D’une part, il va faire jurisprudence pour toutes les officialités et,
2. D’autre part, il va faire sortir l’Église et les couples divorcés de l’impasse du sacrement indissoluble.

Bonne lecture !
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Ar4ère ChambreCause Matrimoniale – Nullité de mariage

Vu les pièces de la procédure,

Vu la demande écrite de 

Vu la demande de renseignement du SIP,

  1. Sur les faits

Attendu que ledossier fait apparaître que les époux ont obtenu la bénédiction nuptiale…… et que de ce mariage sont nés leurs enfants …… à l’annulation du contrat civil du mariage.

Que Monsieur ….. s’est ensuite marié devant la commune et deux  enfants sont nés de ce mariage.

Qu’il découle de ce qui précède que la reconsolidation du sacrement du mariage ne peut plus avoir lieu.

  1. Sur la doctrine du sacrement du mariage

Attendu que le Christ Jésus a fait redécouvrir de façon prophétique la réalité du mariage telle qu’elle fut voulue par Dieu dès l’origine du genre humain (Gn 1, 27; Mc 10, 6 par. Mt 19, 4; Gn 2, 24; Mc 10, 7-8 par. Mt 19, 5) ;

Qu’Il l’a restaurée par sa mort et sa résurrection ;

Qu’aussi le mariage chrétien se vit-il « dans le Seigneur» (1 Co 7, 39) et qu’il est déterminé par les éléments de l’œuvre salvifique ;

Que dès l’Ancien Testament, l’union matrimoniale est une figure de l’alliance entre Dieu et le peuple d’Israël (Os 2; Jr 3, 6-13; Ez 16. 23 ; Is 54) ;

Que dans le Nouveau Testament, le mariage chrétien revêt une dignité plus haute, car il est la représentation du mystère qui unit le Christ Jésus et l’Église (Ep 5, 21-33) ;

Que cette analogie est plus profondément éclairée par l’interprétation théologique : l’amour suprême et le don du Seigneur jusqu’en son sang tout comme l’attachement fidèle et irrévocable de l’Église son épouse deviennent modèles et exemples pour le mariage chrétien ;

Que cette ressemblance est une relation d’authentique participation à l’alliance d’amour entre le Christ et l’Église ;

Que de son côté, par manière de symbole réel et de signe sacramentel, le mariage chrétien représente concrètement l’Église du Christ Jésus dans le monde et, surtout sous l’aspect de la famille, est appelé à juste titre une « Église domestique » (LG 11) ;

Que le mariage chrétien est configuré au mystère de l’union entre le Christ Jésus et l’Église ;

Que le fait que le mariage chrétien soit ainsi assumé dans l’économie du salut justifie déjà l’appellation de « sacrement » au sens le plus large ;

Que le mariage chrétien est un signe du salut qui confère la grâce du Christ Jésus et que de ce fait l’Église le compte parmi les sept sacrements ;

Qu’entre l’indissolubilité du mariage et sa sacramentalité, il existe un rapport particulier, c’est-à-dire une relation constitutive réciproque ;

Que l’indissolubilité permet de saisir plus facilement la sacramentalité du mariage chrétien ;

Qu’en retour, du point de vue théologique, la sacramentalité constitue le fondement dernier, bien que non unique, de l’indissolubilité du mariage ;

Que le mariage communique la grâce comme les autres sacrements ;

Que la source dernière de cette grâce est l’impact de l’œuvre accomplie par le Christ Jésus et non pas seulement la foi des sujets du sacrement ;

Que cela ne signifie cependant pas que, dans le sacrement du mariage, la grâce soit donnée en dehors de la foi ou sans aucune foi ;

Qu’il s’ensuit, d’après les principes classiques, que la foi est présupposée à titre de « cause dispositive » de l’effet fructueux du sacrement ;

Que le fait des « baptisés non croyants » pose aujourd’hui un nouveau problème théologique et un sérieux dilemme pastoral, surtout si l’absence, voire le refus de la foi semble patent ;

Que l’intention requise, celle d’accomplir ce que font le Christ et l’Église est la condition minimale nécessaire pour qu’il y ait vraiment un acte humain d’engagement au plan de la réalité sacramentelle ;

Qu’il ne faut pas mêler la question de l’intention avec le problème relatif à la foi personnelle des contractants ;

Qu’on ne peut cependant pas non plus les séparer totalement puisqu’au fond des choses, l’intention véritable naît et se nourrit d’une foi vivante ;

Que là donc où l’on ne perçoit aucune trace de la foi comme telle (au sens du terme «croyance», disposition à croire) ni aucun désir de la grâce et du salut, la question se pose de savoir, au plan des faits, si l’intention générale et vraiment sacramentelle est présente ou non, et si le mariage est validement contracté ou non ;

Que la foi personnelle des contractants ne constitue pas la sacramentalité du mariage, mais l’absence de foi personnelle compromet la validité du sacrement ;

Que ce fait donne lieu à des interrogations nouvelles, auxquelles on n’a pas trouvé jusqu’ici de réponses suffisantes ;

Qu’il impose des responsabilités pastorales nouvelles en matière de mariage chrétien ;

Qu’ « avant tout que les pasteurs s’efforcent de développer et de nourrir la foi…, car le sacrement du mariage suppose et réclame la foi » (Ordo celebrandi matrimonium. Praenotanda 7) ;

Que dans l’Église, le baptême est le fondement social et le sacrement de la foi en vertu desquels les hommes qui croient deviennent membres du Corps du Christ ;

Que de ce point de vue également, l’existence de « baptisés non croyants » implique des problèmes de grande importance ;

Que les besoins d’ordre pastoral et pratique ne trouveront pas de solution réelle dans des changements qui éliminent le noyau central de la doctrine en matière de sacrement et de celle du mariage, mais dans un renouveau radical de la spiritualité baptismale ;

Qu’il faut restituer une vision intégrale qui saisisse le baptême dans l’unité essentielle et l’articulation dynamique de tous ses éléments et dimensions : la foi, la préparation au sacrement, le rite, la confession de la foi, l’incorporation au Christ et à l’Église, les conséquences éthiques, la participation active à la vie de l’Église ;

Qu’il faut mettre en relief le lien intime entre le baptême, la foi et l’Église ;

Que seulement, à ce prix, il apparaît que le mariage entre baptisés est un vrai sacrement « par le fait même », c’est-à-dire non pas en vertu d’une sorte d’« automatisme », mais de par son caractère interne.

Que toutes choses ont été créées dans le Christ, par le Christ et pour le Christ ;

Que dès lors même qu’il a été institué par le Dieu créateur, le mariage devient une figure du mystère d’union du Christ époux et de l’Église épouse ;

Qu’il se trouve ordonné d’une certaine façon à ce mystère ; que c’est ce mariage-là qui, lorsqu’il est célébré entre deux baptisés, est élevé à la dignité de sacrement proprement dit et qu’il a pour sens, alors, de signifier et de faire participer à l’amour du Christ et de l’Église ;

Que quand il s’agit de deux baptisés, le mariage comme institution voulue par le Dieu créateur est inséparable du mariage-sacrement ;

Que la sacramentalité du mariage des baptisés n’affecte pas celui-ci de façon accidentelle de telle sorte qu’elle pourrait lui être attachée ou non ;

Qu’elle est inhérente à son essence au point de ne pouvoir en être séparée ;

Que la conséquence des propositions précédentes est que pour des baptisés il ne peut exister véritablement et réellement aucun état conjugal différent de celui qui est voulu par le Christ ;

Que dans ce sacrement, la femme et l’homme chrétiens, se donnant et s’acceptant comme époux par un consentement personnel et libre, sont radicalement libérés de la « dureté du cœur » dont a parlé Jésus (cf. Mt 19, 8) ;

Qu’il leur devient réellement possible de vivre dans une charité définitive car, par le sacrement, ils sont vraiment et réellement assumés dans le mystère de l’union du Christ et de l’Église ;

  1. Sur l’indissolubilité du mariage

Attendu que la tradition de l’Église primitive, qui se fonde sur l’enseignement du Christ et des Apôtres, affirme l’indissolubilité du mariage, même en cas d’adultère ;

Que ce principe s’impose malgré certains textes d’interprétation malaisée et des exemples d’indulgence vis-à-vis de personnes qui se trouvaient dans des situations très difficiles ;

Qu’il n’est d’ailleurs pas aisé d’évaluer exactement l’extension et la fréquence de ces faits ;

Que le concile de Trente a déclaré que l’Église ne se trompe pas quand elle a enseigné et enseigne, selon la doctrine évangélique et apostolique, que le lien du mariage ne peut être rompu par l’adultère (DS 1807) ;

Que cependant, le Concile a seulement anathématisé ceux qui nient l’autorité de l’Église en cette question ;

Que les raisons de cette réserve sont certaines hésitations qui se sont manifestées dans l’histoire et, d’autre part, des perspectives qui se rapprochent de l’œcuménisme ;

Qu’on ne peut donc pas affirmer que le Concile ait eu l’intention de définir solennellement l’indissolubilité du mariage comme une vérité de foi ;

Qu’on tiendra compte cependant des paroles prononcées par Pie XI, dans Casti connubii, quand il se réfère à ce canon : « Si l’Église ne s’est pas trompée et ne se trompe pas quand elle a donné et donne cet enseignement, il est donc absolument certain que le mariage ne peut être dissous, même pour motif d’adultère. Il est évident tout autant que les autres causes de divorce, beaucoup plus faibles que l’on pourrait supposer, ont encore moins de valeur et ne peuvent être prises en considération» (DS 1807).

Que l’indissolubilité intrinsèque du mariage peut être considérée sous différents aspects et recevoir plusieurs fondements ;

Qu’on peut envisager le problème du côté des époux ; qu’on dira alors : l’union intime du mariage, don réciproque de deux personnes, l’amour conjugal lui-même, le bien des enfants exigent l’unité indissoluble de ces personnes ;

Que de là découle, pour les époux, l’obligation morale de protéger leur alliance conjugale, de la conserver et de la faire progresser ;

Qu’on doit aussi mettre le mariage dans la perspective de Dieu ;

Que l’acte humain par lequel les époux se donnent et se reçoivent mutuellement crée un lien qui est fondé sur la volonté de Dieu ;

Que ce lien est inscrit dans l’acte créateur lui-même et il échappe à la volonté des hommes ;

Qu’il ne dépend pas du pouvoir des époux et, comme tel, il est intrinsèquement indissoluble ;

Que vue dans les perspectives christologiques, l’indissolubilité du mariage chrétien a un fondement ultime encore plus profond ;

Qu’il consiste en ce que le mariage chrétien est image, sacrement et témoin de l’union indissoluble entre le Christ et l’Église ;

Que c’est ce que l’on a appelé le « bien du sacrement » et qu’en ce sens, l’indissolubilité devient un événement de grâce ;

Que les perspectives sociales fonderont elles aussi l’indissolubilité : elle est requise par l’institution elle-même ;

Que la décision personnelle des conjoints est assumée, protégée et fortifiée par la société, surtout par la communauté ecclésiale ;

Qu’il y va du bien des enfants et du bien commun et que c’est là la dimension juridico-ecclésiale du mariage ;

Que ces aspects divers sont intimement liés entre eux et que la fidélité à laquelle les époux sont appelés doit être protégée par la société elle-même, tout spécialement par la société qu’est l’Église ;

Qu’elle est exigée par le Dieu créateur tout autant que par le Christ qui la rend possible dans la mouvance de sa grâce ;

Que parallèlement à sa praxis, l’Église a élaboré une doctrine concernant son propre pouvoir dans le domaine des mariages ;

Qu’elle en a ainsi précisé l’ampleur et les limites et que l’Église ne se reconnaît aucun pouvoir pour dissoudre un mariage sacramentel conclu et consommé (ratum et consummatum) ;

Que pour de très graves motifs, pour le bien de la foi et le salut des âmes, les autres mariages peuvent être dissous par l’autorité ecclésiastique compétente ou, selon une autre interprétation, être déclarés dissous d’eux-mêmes ;

Que cet enseignement est seulement un cas particulier de la théorie portant sur la manière dont évolue la doctrine chrétienne dans l’Église ;

Qu’aujourd’hui, elle est quasi généralement acceptée par les théologiens catholiques ;

Qu’il n’est pas exclu cependant que l’Église puisse préciser davantage les notions de sacramentalité et de consommation ;

Qu’en ce cas, elle en expliquerait encore mieux le sens et qu’ainsi, l’ensemble de la doctrine concernant l’indissolubilité du mariage pourrait être proposée dans une synthèse plus profonde et plus précise.

Que, fidèle au radicalisme de l’Évangile, l’Église ne peut pas tenir à ses fidèles un autre langage que celui de l’apôtre Paul : « A ceux qui sont mariés, je prescris, non pas moi mais le Seigneur, que la femme ne se sépare pas de son mari – mais si elle s’en sépare, qu’elle ne se remarie pas ou qu’elle se réconcilie avec son mari – et que le mari ne renvoie pas sa femme » (cf. 1 Co 7, 10-11) ;

Qu’il s’ensuit que les nouvelles unions, après un divorce obtenu par une loi civile, ne sont ni régulières ni légitimes ;

Que cette rigueur ne découle pas d’une loi purement disciplinaire ou d’un certain légalisme puisqu’elle est fondée sur le jugement que le Seigneur a porté à ce sujet (cf. Mc 10, 6 s) ;

Que comprise ainsi, cette règle sévère est un témoignage prophétique rendu à la fidélité définitive de l’amour qui lie le Christ et l’Église et qu’elle montre aussi que l’amour des époux est assumé dans la charité même du Christ (cf. Ep 5, 23-32).

Que l’incompatibilité du statut des « divorcés remariés » avec le précepte et le mystère de l’amour pascal du Seigneur entraîne pour ceux-ci l’impossibilité de recevoir, dans la Sainte Eucharistie, le signe de l’unité avec le Christ ;

Que l’accès à la communion eucharistique ne peut passer que par la pénitence qui implique «le regret du péché commis et le bon propos de ne plus pécher à l’avenir » (cf. Concile de Trente, DS 1676) ;

Que tous les chrétiens doivent se souvenir des paroles de l’apôtre : « … Quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement sera coupable à l’égard du corps et du sang du Seigneur. Que chacun donc s’éprouve soi-même et qu’ainsi il mange de ce pain et boive de cette coupe; car celui qui mange et boit, c’est sa propre condamnation qu’il mange et boit, s’il ne discerne le corps» (cf. 1 Co 11, 27-29).

Que cette situation illégitime ne permet pas de vivre en pleine communion avec l’Église et  cependant les chrétiens qui s’y trouvent ne sont pas exclus de l’action de la grâce de Dieu, du lien avec l’Église ;

Qu’ils ne doivent pas être privés de la sollicitude des pasteurs (cf. allocution pontificale de Paul VI, 4 novembre 1977) ;

Que de nombreux devoirs qui découlent du baptême chrétien s’imposent encore à eux et qu’ils doivent veiller à l’éducation religieuse de leurs enfants ;

Que la prière chrétienne tant publique que privée, la pénitence, certaines activités apostoliques sont toujours pour eux des voies de vie chrétienne ;

Qu’ils ne doivent pas être méprisés mais aidés comme tous les chrétiens qui, avec l’aide de la grâce du Christ, font effort pour se libérer du péché ;

Qu’il est d’une nécessité toujours plus grande de mener une action pastorale qui s’efforcera d’éviter la multiplication des divorces et des nouvelles unions civiles des divorcés ;

Qu’il faut particulièrement inculquer aux futurs époux une conscience vive de toutes leurs responsabilités de conjoints et de parents ;

Qu’il importe de présenter d’une manière toujours plus efficace le sens authentique du mariage sacramentel comme une alliance réalisée « dans le Seigneur » (cf. 1 Co 7, 39) ;

Qu’ainsi, les chrétiens seront mieux préparés à se conformer au commandement du Seigneur et à rendre témoignage à l’union du Christ et de l’Église ;

Que cela se fera d’ailleurs pour le plus grand bien des époux, pour celui des enfants comme aussi pour la société elle-même.

  1. Sur la fidélité aux valeurs qui constituent le fondement de l’institution familiale
Attendu que la famille a été atteinte par les transformations, larges, profondes et rapides, de la société et de la culture ; Que de nombreuses familles vivent cette situation dans la fidélité aux valeurs qui constituent le fondement de l’institution familiale ; Que d’autres sont tombées dans l’incertitude et l’égarement devant leurs tâches, voire dans le doute et presque l’ignorance en ce qui concerne le sens profond et la valeur de la vie conjugale et familiale ; Que d’autres enfin voient la réalisation de leurs droits fondamentaux entravée par diverses situations d’injustice ; Que le mariage et la famille constituent l’un des biens les plus précieux de l’humanité ; Que l’Eglise veut faire entendre sa voix et offrir son aide à ceux qui, connaissant déjà la valeur du mariage et de la famille, cherchent à la vivre fidèlement, à ceux qui, plongés dans l’incertitude et l’anxiété, sont à la recherche de la vérité ; Que la famille chrétienne, en effet, est la première communauté appelée à annoncer l’Evangile à la personne humaine en développement et à conduire cette dernière, par une éducation et une catéchèse progressives, à sa pleine maturité humaine et chrétienne ; Que l’Eglise, éclairée par la foi, qui lui fait connaître toute la vérité sur le bien précieux que sont le mariage et la famille et sur leur signification la plus profonde, ressent encore une fois l’urgence d’annoncer l’Evangile, c’est-à-dire la «bonne nouvelle», à tous sans distinction, mais en particulier à ceux qui sont appelés au mariage et qui s’y préparent, à tous les époux et à tous les parents du monde ; Que seulement en accueillant l’Evangile que l’on peut assurer la pleine réalisation de toute espérance que l’homme place légitimement dans le mariage et dans la famille ; Que le mariage et la famille sont en eux-mêmes destinés à s’accomplir dans le Christ et qu’ils ont besoin de sa grâce pour être guéris de la blessure du péché et ramenés à leur origine, c’est-à-dire à la pleine connaissance et à la réalisation intégrale du dessein de Dieu. Que la famille subit de nombreuses pressions qui cherchent à la détruire ou tout au moins à la déformer, l’Eglise, sachant que le bien de la société et son bien propre sont profondément liés à celui de la famille, a une conscience plus vive et plus pressante de sa mission de proclamer à tous le dessein de Dieu sur le mariage et sur la famille, en assurant leur pleine vitalité et leur promotion humaine et chrétienne et en contribuant ainsi au renouveau de la société et du peuple de Dieu ; Que le dessein de Dieu sur le mariage et sur la famille concerne l’homme et la femme dans la réalité concrète de leur existence quotidienne dans telle ou telle situation sociale et culturelle ; Que c’est pourquoi l’Eglise, pour accomplir son service, doit s’appliquer à connaître les situations au milieu desquelles le mariage et la famille se réalisent aujourd’hui ; Que cette connaissance est donc, pour l’œuvre d’évangélisation, une exigence que l’on ne saurait négliger ; Que c’est en effet aux familles de notre temps que l’Eglise doit apporter l’Evangile immuable et toujours nouveau de Jésus-Christ, de même que ce sont les familles plongées dans les conditions actuelles du monde qui sont appelées à accueillir et à vivre le projet de Dieu les concernant ; Que de plus, les exigences, les appels de l’Esprit se font entendre aussi à travers les événements de l’histoire, et c’est pourquoi l’Eglise peut être amenée à une compréhension plus profonde de l’inépuisable mystère du mariage et de la famille, même à partir des situations, des questions, des angoisses et des espoirs, des époux et des parents d’aujourd’hui ; Qu’à cela il faut ajouter une réflexion d’une importance particulière pour le temps présent ; Qu’il n’est pas rare qu’aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui qui cherchent sincèrement et sérieusement une réponse aux problèmes quotidiens et graves de leur vie matrimoniale et familiale, soient offertes des visions et des propositions peut-être séduisantes, mais qui compromettent plus ou moins la vérité et la dignité de la personne humaine ; Que beaucoup sont déjà conscients de ce danger qui menace la personne humaine, et ils s’emploient à faire triompher la vérité ; Que l’Eglise, avec son discernement évangélique, s’unit à eux, apportant son propre concours au service de la vérité, de la liberté et de la dignité de tout homme et de toute femme ; Que par le discernement qu’elle opère, l’Eglise propose une orientation permettant de sauver et de réaliser toute la vérité et la pleine dignité du mariage et de la famille ; Que ce discernement est accompli grâce au sens de la foi, don que l’Esprit accorde à tous les fidèles ; Que c’est donc une œuvre de toute l’Eglise selon la diversité des dons et des charismes qui, en fonction des responsabilités propres à chacun, agissent ensemble en vue d’une plus profonde intelligence et mise en œuvre de la Parole de Dieu ; Qu’ainsi l’Eglise opère son discernement évangélique les laïcs, dont le Christ fait «des témoins en les pourvoyant du sens de la foi et de la grâce de la parole afin que brille dans la vie quotidienne familiale et sociale, la force de l’Evangile» (cf. Ac 2, 17-18; Ap 19, 10) ; Qu’en raison de leur vocation particulière les laïcs ont pour tâche spécifique d’interpréter à la lumière du Christ l’histoire de ce monde, car ils sont appelés à éclairer et à ordonner les réalités temporelles selon le dessein de Dieu Créateur et Rédempteur ;  Que le rôle du ministère apostolique est d’assurer la permanence de l’Eglise dans la vérité du Christ et de l’y insérer toujours plus profondément ; Qu’aussi les Pasteurs doivent-ils promouvoir le sens de la foi chez tous les fidèles, examiner et juger d’une manière autorisée l’authenticité de ses expressions, et former les fidèles à un discernement évangélique toujours plus réfléchi ; Que pour l’élaboration d’un authentique discernement évangélique dans les diverses situations et cultures dans lesquelles l’homme et la femme vivent leur mariage et leur existence familiale, les époux et les parents chrétiens peuvent et doivent apporter leur contribution propre qui est irremplaçable. Ils sont pour cela habilités par leur charisme ou don propre, celui du sacrement de mariage ; Que la situation dans laquelle se trouve la famille présente des aspects positifs et négatifs: les uns sont le signe du salut du Christ à l’œuvre dans le monde et les autres, du refus que l’homme oppose à l’amour de Dieu ; Qu’une conception théorique et pratique erronée de l’indépendance des conjoints entre eux ; Que de graves ambiguïtés à propos du rapport d’autorité entre parents et enfants;  Que des difficultés concrètes à transmettre les valeurs, comme bien des familles l’expérimentent ; Que le nombre croissant des divorces ; la plaie de l’avortement ; le recours sans cesse plus fréquent à la stérilisation ; l’installation d’une mentalité vraiment et proprement contraceptive ; Qu’à la racine de ces phénomènes négatifs, il y a souvent une corruption du concept et de l’expérience de la liberté, celle-ci étant comprise non comme la capacité de réaliser la vérité du projet de Dieu sur le mariage et la famille, mais comme une force autonome d’affirmation de soi, assez souvent contre les autres, pour son bien-être égoïste ; Que la situation historique dans laquelle vit la famille se présente donc comme un mélange d’ombres et de lumières ; Que ce mélange montre que l’histoire n’est pas simplement un progrès nécessaire vers le mieux, mais un avènement de la liberté, et plus encore un combat entre libertés qui s’opposent, c’est-à-dire, selon l’expression bien connue de saint Augustin, un conflit entre deux amours: l’amour de Dieu, poussé jusqu’au mépris de soi ; l’amour de soi, poussé jusqu’au mépris de Dieu : Qu’il s’ensuit que seule l’éducation de l’amour enracinée dans la foi peut conduire à acquérir la capacité d’interpréter les «signes des temps», qui sont l’expression historique de ce double amour ; Sur l’indivisible unité de la communion conjugale   Attendu qu’en raison du pacte d’amour conjugal, l’homme et la femme ne sont plus deux mais une seule chair et sont appelés à grandir sans cesse dans leur communion à travers la fidélité quotidienne à la promesse du don mutuel total que comporte le mariage ; Que cette communion conjugale plonge ses racines dans la complémentarité naturelle qui existe entre l’homme et la femme, et se nourrit grâce à la volonté personnelle des époux de partager la totalité de leur projet de vie, ce qu’ils ont et ce qu’ils sont : en cela, une telle communion est le fruit et le signe d’une exigence profondément humaine ; Que dans le Christ Seigneur, Dieu prend cette exigence, il la confirme, la purifie et l’élève, la menant à sa perfection par le sacrement de mariage ; Que l’Esprit Saint répandu au cours de la célébration sacramentelle remet aux époux chrétiens le don d’une communion nouvelle, communion d’amour, image vivante et réelle de l’unité tout à fait singulière qui fait de l’Eglise l’indivisible Corps mystique du Christ ; Que le don de l’Esprit est règle de vie pour les époux chrétiens et il est en même temps souffle entraînant afin que croisse chaque jour en eux une union sans cesse plus riche à tous les niveaux, des corps, des caractères, des cœurs, des intelligences et des volontés, des âmes, révélant ainsi à l’Eglise et au monde la nouvelle communion d’amour donnée par la grâce du Christ ; Que la polygamie s’oppose radicalement à une telle communion : elle nie en effet de façon directe le dessein de Dieu tel qu’il nous a été révélé au commencement, elle est contraire à l’égale dignité personnelle de la femme et de l’homme, lesquels dans le mariage se donnent dans un amour total qui, de ce fait même, est unique et exclusif ; Que conformément à l’écrit du Concile Vatican II : « l’égale dignité personnelle qu’il faut reconnaître à la femme et à l’homme dans l’amour plénier qu’ils se portent l’un à l’autre fait clairement apparaître l’unité du mariage, confirmée par le Seigneur » ; Que la communion conjugale se caractérise non seulement par son unité, mais encore par son indissolubilité : « Cette union intime, don réciproque de deux personnes, non moins que le bien des enfants, exigent l’entière fidélité des époux et requièrent leur indissoluble unité ». Que c’est un devoir fondamental pour l’Eglise d’affirmer encore et avec force la doctrine de l’indissolubilité du mariage ; Qu’à ceux qui, de nos jours, pensent qu’il est difficile, voire impossible, de se lier à quelqu’un pour la vie, à ceux encore qui sont entraînés par une culture qui refuse l’indissolubilité du mariage et qui méprise même ouvertement l’engagement des époux à la fidélité, il faut redire l’annonce joyeuse du caractère définitif de cet amour conjugal, qui trouve en Jésus-Christ son fondement et sa force ; Qu’enracinée dans le don plénier et personnel des époux et requise pour le bien des enfants, l’indissolubilité du mariage trouve sa vérité définitive dans le dessein que Dieu a manifesté dans sa Révélation ; Que c’est Lui qui veut et qui donne l’indissolubilité du mariage comme fruit, signe et exigence de l’amour absolument fidèle que Dieu a pour l’homme et que le Seigneur Jésus manifeste à l’égard de son Eglise ; Que le Christ renouvelle le dessein primitif que le Créateur a inscrit dans le cœur de l’homme et de la femme, et dans la célébration du sacrement du mariage il offre un cœur nouveau ; Qu’ainsi, non seulement les époux peuvent surmonter la « dureté du cœur », mais aussi et surtout ils peuvent partager l’amour plénier et définitif du Christ, nouvelle et éternelle Alliance faite chair ; Que de même que le Seigneur Jésus est le «témoin fidèle», le «oui» des promesses de Dieu est la réalisation suprême de la fidélité inconditionnelle avec laquelle Dieu aime son peuple, ainsi les époux chrétiens sont appelés à participer réellement à l’indissolubilité irrévocable qui lie le Christ à l’Eglise, son Epouse, qu’il aime jusqu’à la fin des temps ; Que le don du sacrement est pour les époux chrétiens une vocation – en même temps qu’un commandement – à rester fidèles pour toujours, par delà les épreuves et les difficultés, dans une généreuse obéissance à la volonté du Seigneur: «Ce que Dieu a uni, l’homme ne doit point le séparer» ; Que de nos jours, témoigner de la valeur inestimable de l’indissolubilité du mariage et de la fidélité conjugale est, pour les époux chrétiens, un des devoirs les plus importants et les plus pressants ; Que c’est pourquoi, l’encouragement de tous les couples s’impose à toutes les officialités ; Qu’ils sont nombreux les couples qui se trouvent au milieu de grandes difficultés et qui gardent et font grandir ce bien qu’est l’indissolubilité ; Qu’ils assument ainsi, d’une manière humble et courageuse, la tâche qui leur a été donnée, d’être dans le monde un «signe» – signe discret et précieux, parfois soumis à la tentation, mais toujours renouvelé – de la fidélité inlassable de l’amour de Dieu et de Jésus-Christ pour tous les hommes, pour tout homme ; Qu’il faut aussi reconnaître le prix du témoignage des époux abandonnés par leur conjoint et qu’ils rendent ainsi un authentique témoignage dont le monde d’aujourd’hui a tant besoin ; Que c’est pourquoi les pasteurs et les fidèles de l’Eglise doivent les encourager et les aider à persévérer dans ce sens ; Que la communion conjugale constitue le fondement sur lequel s’édifie la communion plus large de la famille, des parents et des enfants, des frères et des sœurs entre eux, des parents proches et autres membres de la famille ; Qu’une telle communion s’enracine dans les liens naturels de la chair et du sang et se développe en trouvant sa perfection proprement humaine par la mise en place et la maturation des liens encore plus profonds et plus riches de l’esprit: l’amour qui anime les rapports interpersonnels entre les différents membres de la famille est la force intérieure qui donne forme et vie à la communion et à la communauté familiales ; Que la famille chrétienne est en outre appelée à faire l’expérience d’une communion nouvelle et originale qui confirme l’expérience naturelle et humaine ; Qu’en réalité la grâce de Jésus-Christ, «l’aîné d’une multitude de frères», est par sa nature et son dynamisme interne une «grâce de fraternité», comme l’appelle saint Thomas d’Aquin ; Que l’Esprit Saint répandu dans la célébration des sacrements est la source vivante et l’aliment inépuisable de la communion surnaturelle qui relie les croyants au Christ et les rassemble entre eux dans l’unité de l’Eglise de Dieu ; Que la famille chrétienne est une révélation et une réalisation spécifique de la communion ecclésiale, c’est pourquoi elle peut et elle doit se dire «Eglise domestique» ; Que tous les membres de la famille, chacun selon ses propres dons, ont la grâce et la responsabilité de construire, jour après jour, la communion des personnes, en faisant de la famille une école humaine et parfaite ; Que cela s’accomplit à travers les soins et l’amour donnés aux jeunes enfants, aux malades, aux personnes âgées; à travers les services réciproques de tous les jours ; dans le partage des biens, des joies et des souffrances ; Que pour construire une telle communion, un élément est fondamental, celui de l’échange éducatif entre parents et enfants qui permet à chacun de donner et de recevoir ; Qu’à travers l’amour, le respect, l’obéissance à l’égard des parents, les enfants apportent leur part spécifique et irremplaçable à l’édification d’une famille authentiquement humaine et chrétienne ; Que cela leur sera plus facile si les parents exercent sans faiblesse leur autorité comme un véritable ministère, ou plutôt comme un service ordonné au bien humain et chrétien des enfants et plus particulièrement destiné à leur faire acquérir une liberté vraiment responsable, et si ces mêmes parents gardent une conscience aiguë du don qu’ils reçoivent sans cesse de leurs enfants ; Que seul un grand esprit de sacrifice permet de sauvegarder et de perfectionner la communion familiale ; Qu’elle exige en effet une ouverture généreuse et prompte de tous et de chacun à la compréhension, à la tolérance, au pardon et à la réconciliation ; Qu’aucune famille n’ignore combien l’égoïsme, les dissensions, les tensions, les conflits font violence à la communion familiale et peuvent même parfois l’anéantir ; Que c’est là que trouvent leur origine les multiples et diverses formes de division dans la vie familiale ; Qu’en même temps, chaque famille est toujours invitée par le Dieu de paix à faire l’expérience joyeuse et rénovatrice de la réconciliation, c’est-à-dire de la communion restaurée, de l’unité retrouvée ; Qu’en particulier la participation au sacrement de la réconciliation et au banquet de l’unique Corps du Christ donne à la famille chrétienne la grâce nécessaire, et la responsabilité correspondante, pour surmonter toutes les divisions et marcher vers la pleine vérité de la communion voulue par Dieu, répondant ainsi au très vif désir du Seigneur : «Que tous soient un» ; Que la famille trouve dans l’amour le motif et le stimulant permanent qui lui font accueillir, respecter et développer chacun de ses membres dans la très haute dignité de personnes, c’est-à-dire d’images vivantes de Dieu ; Que le critère moral de l’authenticité des relations conjugales et familiales réside dans la promotion de la dignité et de la vocation de chacune des personnes, qui trouvent leur plénitude dans le don sincère d’elles-mêmes ; Que de ce fait, il est important d’accorder une attention privilégiée à la femme, à ses droits et à son rôle dans la famille et dans la société ; Qu’il faut considérer également l’homme en tant qu’époux ; Qu’au sujet de la femme, il faut noter avant tout sa dignité et sa responsabilité égales à celles de l’homme ; Que cette égalité trouve une forme singulière de réalisation dans le don réciproque de soi entre les époux et dans le don d’eux-mêmes à leurs enfants ; Qu’un tel don est propre au mariage et à la famille ; Que ce dont la raison humaine a l’intuition et ce qu’elle reconnaît est révélé en plénitude par la Parole de Dieu ; Que l’histoire du salut, en effet, est un témoignage continuel et lumineux de la dignité de la femme ; Qu’en créant l’être humain homme et femme, Dieu donne la dignité personnelle d’une manière égale à l’homme et à la femme, en les enrichissant des droits inaliénables et des responsabilités propres à la personne humaine ; Que Dieu manifeste la dignité de la femme de la façon la plus élevée possible en assumant Lui-même la chair de la Vierge Marie, que l’Eglise honore comme la Mère de Dieu en l’appelant la nouvelle Eve et en la proposant comme modèle de la femme rachetée ; Que la délicate affection de Jésus envers les femmes qu’il a appelées à le suivre et auxquelles il a offert son amitié, son apparition le matin de Pâques à une femme avant de se montrer aux autres disciples, la mission confiée aux femmes de porter la bonne nouvelle de la Résurrection aux Apôtres, tout cela constitue des signes confirmant l’estime spéciale du Seigneur Jésus envers la femme ; Que l’Apôtre Paul dira: «Vous êtes tous fils de Dieu, par la foi dans le Christ Jésus…; il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ» ; Qu’à l’intérieur de la communion qu’est la communauté conjugale et familiale, l’homme est appelé à vivre son don et son rôle d’époux ; Qu’il voit dans son épouse l’accomplissement du dessein de Dieu : «Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie » ; Que l’amour conjugal authentique suppose et exige que l’homme ait un profond respect à l’égard de la dignité de sa femme ; Que l’homme doit vivre avec son épouse une forme toute spéciale d’amitié personnelle ; Que le Chrétien est appelé à développer une attitude d’amour nouveau qui manifeste envers sa femme la charité délicate et forte qu’a le Christ pour l’Eglise ; Que l’amour envers sa femme est pour l’homme la route naturelle menant à la compréhension et à la réalisation de son rôle d’époux ; Qu’il est toujours d’une grande importance d’avoir une conception droite de l’ordre moral, de ses valeurs et de ses normes ; et cela d’autant plus que les difficultés à les respecter deviennent plus nombreuses et plus graves ; Que l’homme, appelé à vivre de façon responsable ce dessein de Dieu empreint de sagesse et d’amour, est un être situé dans l’histoire ; Que jour après jour, il se construit par ses choix nombreux et libres ; Qu’ainsi il connaît, aime et accomplit le bien moral en suivant les étapes d’une croissance ; Que les époux, dans la sphère de leur vie morale, sont eux aussi appelés à cheminer sans se lasser, soutenus par le désir sincère et agissant de mieux connaître les valeurs garanties et promues par la loi divine, avec la volonté de les incarner de façon droite et généreuse dans leurs choix concrets ; Qu’ils ne peuvent toutefois considérer la loi comme un simple idéal à atteindre dans le futur, mais ils doivent la regarder comme un commandement du Christ Seigneur leur enjoignant de surmonter sérieusement les obstacles ; Que c’est pourquoi ce qu’on appelle la voie graduelle ne peut s’identifier à la gradualité de la loi, comme s’il y avait, dans la loi divine, des degrés et des formes de préceptes différents selon les personnes et les situations diverses ; Que tous les époux sont appelés à la sainteté dans le mariage, selon la volonté de Dieu, et que cette vocation se réalise dans la mesure où la personne humaine est capable de répondre au précepte divin, animée d’une confiance sereine en la grâce divine et en sa propre volonté ; Qu’en vertu de ce ministère d’éducation, les parents, à travers le témoignage de vie, sont les premiers hérauts de l’Evangile auprès de leurs enfants ; Que le sacrement de mariage est une source spéciale et un moyen original de sanctification pour les époux et pour la famille chrétienne ; Qu’en vertu du mystère de la mort et de la résurrection du Christ, à l’intérieur duquel le mariage chrétien fait entrer à nouveau, l’amour conjugal est purifié et sanctifié ; Que le don de Jésus-Christ accompagne les époux tout au long de leur existence ;  Que les époux chrétiens, pour accomplir dignement les devoirs de leur état, sont fortifiés et comme consacrés par un sacrement spécial ; Qu’en accomplissant leur mission conjugale et familiale avec la force de ce sacrement, pénétrés de l’Esprit du Christ qui imprègne toute leur vie de foi, d’espérance et de charité, ils parviennent de plus en plus à leur perfection personnelle et à leur sanctification mutuelle ; Que la vocation universelle à la sainteté s’adresse aux époux : pour eux, elle est spécifiée par la célébration du sacrement et traduite concrètement dans la réalité propre de l’existence conjugale et familiale ; Que c’est là que prennent naissance la grâce et l’exigence d’une authentique et profonde spiritualité conjugale et familiale, qui s’inspire des thèmes de la création, de l’alliance, de la croix, de la résurrection et du signe sacramentel ; Que le mariage chrétien, comme tous les sacrements est en lui-même un acte liturgique de glorification de Dieu dans le Christ Jésus et dans l’Eglise ; Qu’en le célébrant, les époux chrétiens proclament leur reconnaissance envers Dieu pour le don sublime qui leur a été accordé de pouvoir revivre dans leur existence conjugale et familiale l’amour même de Dieu pour les hommes et du Seigneur Jésus pour l’Eglise, son Epouse ; Que le don et l’obligation de vivre chaque jour la sainteté reçue découlent pour les époux du sacrement de mariage, de même la grâce et l’obligation morale de transformer toute leur vie en un continuel sacrifice spirituel découlent de ce même sacrement ; Que c’est également aux époux et aux parents chrétiens, en particulier dans le domaine des réalités terrestres et temporelles qui caractérisent leur existence ; Que le devoir de sanctification qui incombe à la famille chrétienne a sa racine première dans le baptême et sa plus grande expression dans l’Eucharistie à laquelle le mariage chrétien est intimement lié ; Que l’Eucharistie est la source même du mariage chrétien ; Que le sacrifice eucharistique représente l’alliance d’amour entre le Christ et l’Eglise, en tant qu’elle a été scellée par le sang de sa croix ; Que c’est dans ce sacrifice de la nouvelle et éternelle Alliance que les époux chrétiens trouvent la source jaillissante qui modèle intérieurement et vivifie constamment leur alliance conjugale ; Qu’en tant que représentation du sacrifice d’amour du Christ pour l’Eglise, l’Eucharistie est source de charité ; Que dans le don eucharistique de la charité, la famille chrétienne trouve le fondement et l’âme de sa communion et de sa mission : le Pain eucharistique fait des différents membres de la communauté familiale un seul corps, une manifestation et une participation à la vaste unité de l’Eglise ; Que la participation au Corps et au Sang du Christ devient pour la famille chrétienne une source inépuisable de dynamisme missionnaire et apostolique ; Que l’accueil de l’appel évangélique à la conversion adressé à tous les chrétiens, parfois infidèles au baptême qui les a constitués saints, est un élément essentiel et permanent du devoir de sanctification incombant à la famille chrétienne ; Que la famille chrétienne elle-même n’est pas toujours cohérente avec la loi de la grâce et de la sainteté baptismale, proclamée de nouveau par le sacrement de mariage ; Que le repentir et le pardon mutuel au sein de la famille chrétienne, si importants dans la vie quotidienne, trouvent leur moment sacramentel spécifique dans la pénitence chrétienne ; Qu’au sujet des époux, le Pape Paul VI écrivait dans l’encyclique Humanae vitae : «Si le péché avait encore prise sur eux, qu’ils ne se découragent pas, mais qu’ils recourent avec une humble persévérance à la miséricorde de Dieu, qui est accordée en abondance dans le sacrement de pénitence» ; Que la célébration de ce sacrement acquiert une signification particulière au plan de la vie familiale : déjà, dans la foi, les époux et tous les membres de la famille découvrent que le péché contredit l’alliance avec Dieu et aussi l’alliance entre époux et la communion de la famille ; qu’ils sont conduits maintenant à la rencontre de Dieu «riche en miséricorde», lequel, en accordant son amour plus puissant que le péché, reconstruit et perfectionne l’alliance conjugale et la communion familiale ; 64. Animée et soutenue par le commandement nouveau de l’amour, la famille chrétienne vit l’accueil, le respect, le service de tout homme, considéré toujours dans sa dignité de personne et de fils de Dieu. Il doit en être ainsi, tout d’abord à l’intérieur et au bénéfice du couple et de la famille, grâce à l’engagement quotidien dans la promotion d’une authentique communauté de personnes, fondée et alimentée par la communion des cœurs. Ensuite, ce comportement doit se développer dans le cercle plus vaste de la communauté ecclésiale, à l’intérieur de laquelle la famille chrétienne est insérée: grâce à la charité de la famille, l’Eglise peut et doit assumer une dimension plus familiale, en adoptant un style de relations plus humain et plus fraternel. La charité dépasse l’horizon des frères dans la foi, parce que «tout homme est mon frère»; en chaque homme, surtout s’il est pauvre, faible, souffrant et injustement traité, la charité sait découvrir le visage du Christ et un frère à aimer et à servir. Pour que le service de l’homme soit vécu par la famille de manière évangélique, il faudra s’empresser de mettre en œuvre ce que dit le Concile Vatican II: «Pour que cet exercice de la charité soit toujours au-dessus de toute critique et apparaisse comme tel, il faut voir dans le prochain l’image de Dieu selon laquelle il a été créé et le Christ notre Seigneur à qui est offert en réalité tout ce qui est donné au pauvre» (163). La famille chrétienne, tout en construisant l’Eglise dans la charité, se met au service de l’homme et du monde, en réalisant vraiment la «promotion humaine» dont les différents aspects ont été synthétisés dans le message du Synode aux familles: «Une autre tâche de la famille est celle de former les hommes à l’amour et de vivre l’amour dans tous les rapports avec les autres, de manière que la famille ne se ferme pas sur elle-même mais qu’elle demeure ouverte à la communauté, y étant poussée par le sens de la justice et par le souci des autres, comme par le devoir de sa propre responsabilité envers la société tout entière» (164).  
  • Discussion

Attendu que Notre Seigneur Jésus Christ a donné aux apôtres le pouvoir de lier et de délier ;

Que la notion d’autorité occupe une place importante dans la Bible étant donné que Dieu est un Dieu d’ordre et dans tout ce qu’il établit, il place des autorités à qui il délègue de l’autorité ;

Que l’autorité c’est le pouvoir d’établir et d’arracher, c’est aussi le pouvoir d’autoriser ou d’interdire certaines choses comme Jésus lui-même l’a défini dans Matthieu : « Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre aura été lié au ciel et tout ce que vous délierez sur la terre aura été délié au ciel. » Matthieu 18 : 18

Que ce qui est percutant avec l’autorité c’est qu’elle peut être déléguée et lorsqu’une autorité délègue son autorité l’investi possède la même autorité que celui qui l’a institué.

Que dans le monde spirituel, l’autorité fonctionne par délégation, il est donc impossible d’exercer une quelconque autorité spirituelle à moins de l’avoir reçue par délégation d’une autorité supérieure ;

Qu’ainsi, lorsque Jésus dit qu’il a reçu toute autorité et qu’il nous délègue cette autorité alors cela signifie que nous avons le même pouvoir et la même autorité que Jésus lui-même ;

Que de ce fait tout évêque conscient du pouvoir qu’il a reçu est à même d’annuler et de consolider en son âme et conscience tout mariage condamné par la liberté d’un conjoint ;

Que le fait de douter de l’autorité que nous avons reçue de Christ, nous empêchera de manifester une pleine autorité face aux puissances des ténèbres ;

Qu’enfin dans cette affaire, il convient de délier les époux du sacrement de mariage qui les lie depuis le 26 janvier 1980 ;

PAR CES MOTIFS

La Cour,

Reçoit la demande et la déclare fondée

En conséquence, la Cour délie l’épouse du sacrement du mariage et de ses conséquences

Cet arrêt a été prononcé à l’audience publique du 17 novembre 2016

                                                         Jean de Marie

                                             Premier Président

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