Mgr Jean ABBOUD répond à Mgr Jean KOCKEROLS : Cette excommunication dont vous affirmez la présence entre vos mains ne peut pas exister

 

 

 

 

 

 

Patriarcat de L’Église de l’Unité

 Patriarchate of the Church of Unity

Patriarcato della Chiesa dell’Unità                                                   بطـــريـــركــية كنيــــــســــــــــــة الـــــــــوحدة  

 

 

 

Patriarchatus Unitatis Ecclesiae

 

 

 

Réf. N° : 22118/01/JKVGB/2018                                                       Le 01/02/2018

 

Son Excellence Monseigneur

Jean KOCKEROLS

Vicariat général de Bruxelles
Rue de la Linière, 14-18

1060 Bruxelles

 

  1. Mail : vicariat.general.bruxelles@catho-bruxelles.be

 

 

 

Excellence,

 

Mes amis de la communauté rwandaise de Belgique m’ont demandé le décret d’excommunication qui aurait été prononcé à mon encontre par Sa Sainteté le Pape François.

En effet, vous avez déclaré le jeudi 18 janvier 2018 auxdits amis que vous étiez en possession d’une copie de cette excommunication. Quand l’un d’entre eux vous a demandé de lui en fournir une copie, vous avez retorqué : « demandez la à Monsieur ABBOUD ». Je vous signale que je n’ai jamais reçu d’excommunication. Mais, j’ai appris par la presse une excommunication qui faisait partie d’une machination orchestrée par Son Excellence Monseigneur André-Joseph Léonard, Son Eminence le Cardinal argentin Leonardo SANDRI et Son Excellence Monseigneur Edouard DAHER, Archevêque de Tripoli et Nord-Liban.

Ces trois prélats ont été eux-mêmes excommuniés par le Tribunal Suprême de l’Eglise de l’Unité pour violation du premier canon de leurs codes respectifs du Droit Canonique et pour ingérence dans une Eglise autocéphale et non-catholique.

En effet, le premier canon du Code de Droit Canonique est libellé pour l’Eglise catholique romaine comme suit : « les canons du présent Code concernent seulement l’Église latine » et, pour les Eglises catholiques orientales « les canons du présent Code  concernent toutes les Eglises orientales catholiques et elles seules ».

L’incardination étant le statut par lequel un clerc est juridiquement rattaché à une église particulière, mon incardination dans le Patriarcat Orthodoxe des Nations et mon éléction épiscopale ont eu lieu le 28 avril 2015 (cf. Pièce 01).

Mon sacre épiscopal a eu lieu le 21 mai 2015 (cf. Pièce 02) et ma succession apostolique provient directement de Saint Pierre Apôtre (cf. Pièce 03).

Le feu Pape Paul VI a reconnu l’authenticité de la succession apostolique en rejettant la demande de la curie romaine qui souhaitait un nouveau sacre épiscopal à l’un de mes prédesseurs, Son Éminence Johannes Maria TADDEI (numéro 138 de la succession), qui a rejoint l’Eglise catholique romaine le 15 octobre 1961.

 

Le Pape François, étant infaillible, il n’est pas sujet à l’erreur et est donc dans l’impossibilité de violer le premier canon du Code de Droit Canonique romain en excommuniant un évêque incardiné au Patriarcat Orthodoxe des Nations. Cette excommunication dont vous affirmez la présence entre vos mains ne peut pas exister.

 

Son Éminence le Cardinal Leonardo SANDRI, Préfet de la Congrégation des catholiques de rite oriental, a demandé à l’Archevêque de Tripoli et Nord-Liban de m’excommunier.

 

Ce cardinal Leonardo SANDRI, n’étant pas canoniste, ignore ou fait semblant d’ignorer les dispositions des canons 01 et 1382 du Code de Droit canonique de l’église catholique romaine.

 

En effet, le canon  1382 du Code de droit canonique de 1983 prévoit l’excommunication latæ sententiæ des évêques catholiques consécrateurs qui n’ont pas reçu un mandat pontifical. L’excommunication touche également les évêques catholiques qui ont été sacrés par eux. La situation canonique de Mgr Marcel Lefebvre ou de Mgr Emmanuel Milingo est une illustration récente de ce cas.

 

C’est la raison pour laquelle j’ai excommunié par arrêt latæ sententiæ rendu le 11 juin 2015 Son Excellence Monseigneur André-Joseph Léonard et, par un autre arrêt rendu le 13 juillet 2015, Son Eminence le Cardinal Leonardo SANDRI, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales ainsi que l’Archevêque de Tripoli et Nord-Liban, Son Excellence Monseigneur Edouard DAHER.

 

Je vous ai excommunié par arrêt latæ sententiæ rendu le 14 juillet 2015 pour propagation d’écrits et pour des menaces déguisées que vous avez fait circuler parmi les fidèles sur une soi-disant  excommunication orchestrée entre Bruxelles, Rome et Tripoli au Nord-Liban.

 

J’ai informé le Saint Père François immédiatement ainsi que le Président de la Rote romaine des raisons de vos excommunications respectives parfaitement méritées étant donné que l’Église de l’Unité est une Église autocéphale, indépendante et souveraine.

 

Après ma séparation de l’Eglise Orthodoxe des Nations et mon élection de Patriarche par le Saint Synode de l’Eglise de l’Unité j’ai écrit ce qui suit au Pape François : « Mon Très Saint Père,

L’Eglise de l’Unité s’est séparée du Patriarcat Orthodoxe des Nations à Paris le 28 octobre 2017. Les évêques de notre Eglise se sont réunis en un Synode Extraordinaire le 10 novembre 2017 et ont procédé à mon élection canonique en tant que Premier Patriarche. Les évêques du Saint Synode de l’Eglise de l’Unité ont décidé le jour même et à l’unanimité :

  • D’une part, de reconnaître la primauté pontificale de votre Sainteté aussi bien de juridiction que d’honneur et ce en tant que doctrine « de foi » et,
  • D’autre part, de reconnaître votre Sainteté comme successeur de Saint Pierre Apôtre sur le Siège Métropolitain de Rome et chef du collège épiscopal. »

 

L’Eglise de l’Unité reconnaît donc la primauté pontificale du Pape de l’Eglise catholique romaine aussi bien de juridiction que d’honneur en tant que doctrine « de foi » ainsi que la qualité de successeur de Saint Pierre Apôtre sur le Siège Métropolitain de Rome et le collège épiscopal.

 

L’Eglise de l’Unité étant une Eglise neutre, ni catholique, ni orthodoxe, ni protestante, le sacre épiscopal de ses prêtres est décidé par son Saint Synode seulement. Aucun mandat pontifical n’est requis et aucune ingérence nest admise.

 

J’espère que vous aurez la bonnté de reconnaître vontre erreur c’est-à-dire l’inexistence de cette excommunication papale alléguée. Dans ce cas, et en vous remerciant, soyez assurer de mon pardon.

 

Dans l’espoir d’une prompte rencontre, je vous prie de croire, Excellence Révérendissime, à l’assurance de mes prières et de ma fraternelle affection dans le Christ.

 

 

BENJAMIN PREMIER ABBOUD

Patriarche de l’Eglise de l’Unité